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La vie continue, malgré tout

Série photographique documentaire, en lien avec la situation historique du Covid19


JP est un artiste gaspésien avec beaucoup de sensibilité.


Je devais photographier son lancement musical au Pit Caribou et la covid, bien entendu, est venue tout gâcher !



Heureusement, j'ai eu la chance de lui parler et de le rencontrer virtuellement.

La plupart du temps, je me sens toujours bien et en sécurité, avec un artiste à mes côtés.


J'ai comme l'impression que quoique je dise et quoique je fasse, je vais être aimée dans ma platitude et ma folie.


C'est vraiment ce que j'ai ressenti en échangeant avec JP : beaucoup d'amour et une belle vision de la vie !

Il m'a joué en avant-première un morceau qu'il a écrit au piano récemment. Je me suis sentie très privilégiée de pouvoir écouter ce morceau d’art de chez moi.

Et je me suis naturellement mis à bouger « à droite à gauche » comme dans un concert, dans mon salon.


Sa belle voix cristalline m'a redonnée foi en l'humanité, quelques secondes, j'ai décollé de mon deuxième rang, puis j'ai atterri dans mon salon à nouveau, avec mon chien beurré d'argile rouge, qui revenait du jardin.

Il pleuvait, mais il faisait soleil dans mon salon, j'avais un être humain avec moi, on se parlait, on décryptait notre réalité.



Être artiste en région, c’est souvent avoir l’impression de devoir justifier et expliquer son art, le démocratiser le plus possible, pour pouvoir se sentir compris, et même aimer à travers son art.

Ça prend beaucoup de courage, de faire de l’art, de s’exposer, et en région, je dirais même davantage.

JP à ce courage-là, et c’est précieux, ce n’est pas un acquis. Encourageons-le, le plus possible, à notre échelle ; - )

Merci JP d'avoir accepté ce skype, j'ai bien hâte de pouvoir te rencontrer dans la « vraie vie » !


Pour entendre sa belle voix fleur de peau, c'est juste ici : http://hyperurl.co/41x0w6?fbclid=IwAR3YSYxwiK-7nQqTP_Ebl5KvsBJwVedHzw6ApxZs8CoRj4QKHyZ4x9Im1qc



Texte de JP en lien avec les questions que je lui ai posé sur son confinement :


1.Quelles bonne attitudes et habitudes positives avez-vous acquises depuis la Covid19 ?

En toute honnêteté, les deux premières semaines du confinement, je suis entré dans un mode larve, " couch potato ". C’était la première fois en plusieurs mois que j’avais la chance de me reposer et de lâcher prise complètement alors je l’ai fait. Il faut dire que j’étais aussi un peu déprimé : j’ai dû annuler les lancements et la tournée des médias prévus pour la promotion de La muse orpheline (mon premier album qui est sorti sur toutes les plateformes le 20 mars, c’est-à-dire simultanément à l’éclosion de la Covid-19 au Québec). Somme toute, à tête reposée, je considère que j’ai bien géré la situation et que ces deux semaines de végétation m’ont permis tout l’apitoiement dont j’avais besoin pour traverser la déception et bien me tourner vers le futur. Ce que je fais entre autres en me remettant à l’écriture de chansons et en combattant le syndrome de la page blanche que je ressentais dernièrement. J’ai composé plus de pièces dans le dernier mois que dans la dernière année ! De plus, depuis la Covid-19, je prends le temps de tout... De cuisiner, de dessiner, de m’appliquer à la tâche, de marcher, d’apprécier l’air pur, de contempler les paysages, de siroter mon café même. C’est comme si en voyant le monde se mettre sur pause, j’avais débranché le minuteur qui régissait ma vie et ainsi arrêter de vivre sous pression.

2.Comment pourriez-vous faire pour les conserver après « le retour à la normale » ?

Je pense que la Covid-19 était un redémarrage nécessaire pour tout le monde. Sans nécessairement s’en rendre compte, on se dirigeait vers un épuisement collectif. J’ai l’impression que pour le futur on désirera davantage un retour à l’essentiel qu’un retour à la normal. Selon moi, une bonne façon de converser les bonnes attitudes/habitudes que j’aurai développées durant la quarantaine sera de remettre en question tout ce que je faisais machinalement auparavant. Toute la pression que je me mettais sur les épaules, tout ce que je faisais dans l’urgence au lieu de prendre le temps, tout ce que je priorisais par vanité/devoir flou au détriment de ce qui me rendait véritablement heureux, etc. D’une certaine manière, le but, ce sera de trouver comment transposer dans ma vie sociale de tous les jours les bonnes habitudes casanières que j’ai développées durant le confinement.

3.Est-ce qu’il y a quelque chose chez vous qui a changé ou complètement changé depuis la Covid19 ? Quels changements avez-vous pu observer ?

Je suis de moins en moins poussé par mon habituel anxiété de performance. Auparavant, j’avais une culpabilité omniprésente face à la relaxation, aux moments « cerveau à off ». J’ai décidé de PROFITER de la quarantaine au lieu de l’utiliser. C’est un moment stressant et vulnérabilisant qui peut être tellement difficile sur la santé mentale. J’invite tout le monde à prendre du recul, à faire le vide, à relaxer et à s’attarder d'abord et avant tout à ce qu’ils aiment, ce qui les rend heureux. T’es pas obligé de réaliser l’œuvre de ta vie ou de perdre du poids durant la quarantaine... Respire !



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